samedi 29 décembre 2007

On me parle?

On me parle de Liberté? Alors que tout le monde est épié, traqué, fiché? Alors que tout doit être fait avec le consentement de tel ou tel organe? Alors même que notre liberté morale est affectée par la massification des esprits perpetrée par des médias unilatéraux? Alors que la libre-pensée est jugée sectaire? Alors qu'un pseudo-terrorisme jugé ultra-menaçant pour notre civilisation est donné pour prétexte à la multiplication des contrôles, des suivis, des espionnages politiques? Alors que nos libertés individuelles reculent un peu plus de jour en jour?
On me parle d'Egalité? Alors que l'égalité ne concerne qu'une minorité suffisamment supérieure pour avoir conscience de ce mensonge? Alors que des milliers de SDF dorment dans la rue pendant que d'autres gagnent de l'argent en contrepartie de leur seule existence? Alors même que la "fracture sociale" (cette si jolie formule comble même de la démagogie politicienne) n'a jamais été aussi profonde? Alors que l'instruction et l'éducation dite républicaine, seul facteur potentiel de véritable cohésion sociale, est sur le point de devenir la réserve d'une minorité fortunée? Alors que l'accès à la culture sublime la dominance des élites?
On me parle de Fraternité? Alors qu'on encourage la délation? Alors que l'esprit des Lumières est sans cesse renié? Alors que l'individualisme entre tambours battants dans nos vie? Alors que dans une société où les outils "de communication" n'ont jamais été si performants, on n'a jamais aussi peu communiqué? Alors que l'intérêt particulier prime désormais systématiquement sur l'intérêt général? Alors que chacun est prêt à renoncer à tous ces acquis obtenus par une lutte ds plus solidaires et fraternelles?
On me parle de Démocratie? Alors qu'exemple est pris sur ce si grand pays" américain? On me parle de République? Alors que l'argent est érigé en guide suprême, et insatauré comme nouvel opium du peuple?
Eh bien qu'on ne me parle plus...

samedi 15 décembre 2007

SDF vs CRS

Et oui, dans notre si beau pays, le grand pays des Droits de l'Homme, la "Lumière du monde", des milliers de personnes dorment dans la rue. Dit comme ça, cela ne choque plus personne. C'est triste à dire mais la vision des "Sans Domicile Fixe" (puisque le terme de "clochard" est devenu politiquemetn incorrect!) est devenue chose banale pour tout le monde, et surtout pour les politiques.
Lorsque ces SDF, parmi lesquels il y aurait même "des gens biens", paraît-il (!) veulent faire entendre leurs revendications, il n'ont ni moyens financiers, ni médias à leur botte, ni aucun moyen de pression! Alors la seule chose qu'ils peuvent faire c'est se montrer! Est-ce un délit? Et bien oui, en France, apparemment, c'est un délit de dénoncer sa misère, c'est un délit de dormir dans la rue, c'est un délit d'être pauvre!
Les images diffusées sur toutes les chaînes hier samedi 15 décembre ont clairement montrées que les CRS (je ne suis plus bien sure que c'était des CRS mais en tout cas des policiers, ils serainet capable de porter plainte pour calomnie!) ont délogés avec violence des SDF qui avaient plantés leur tentes sur les bords du canal St Martin comme l'année dernière, avec l'aide des Enfants de DonQuichotte.
Dans quel monde vit-on? Un monde où la menace de la misère permet de calmer ceux qui auraient des revendications? Un monde où tout le monde se fout de voir son prochain mourir de misère (oula, NDSA me déteint dessus!!!)? Un monde où la seule façon d'être écouté c'est d'avoir de l'argent? Un monde où les pauvres la ferment car sans valeur économique, on n'a pas de valeur tout court?
Moi je refuse de vivre dans ce monde! Et si je ne peux le changer, j'aurai au moins l'impression que je fais quelque chose pour qu'il change! M, Le monde nous attend, avec sa bénédiction ou non...!

lundi 10 décembre 2007

Rectifications

Voilà le communiqué que nous avons eu la joie de recevoir de la part de la présidence de Lyon 2 jeudi soir.

Ce jeudi matin 6 décembre, une tentative de blocage (1) a eu lieu sur les
deux campus de Lyon 2.
Sur le campus de Bron, afin d’éviter l’intervention des forces de
police, des personnels ont réalisé un cordon de sécurité pour rendre
possible l’entrée des étudiants et du personnel dans les bâtiments.
Hélas, cette organisation n’a pu fonctionner que vingt minutes, du
fait du blocage.
Sur le campus Berges du Rhône un début d’affrontement a eu lieu entre
les étudiants qui désiraient se rendre en cours et des étudiants
bloquant l’entrée de l’intérieur puis de l’extérieur (2)
. Cet état de fait
a contraint la présidence à faire appel aux forces de police. Deux
personnes, extérieures à Lyon 2 (3), ont été interpellées pour coups et
blessures (4)
et un étudiant ainsi que trois policiers auraient été blessés (5).
Chacun d’entre nous mesure la gravité de la situation actuelle et
l’émotion ressentie face à ces événements est partagée. Aucun d’entre
nous ne souhaite le maintien des forces de l’ordre mais leur présence
est la conséquence du blocage (6)
.
Seule la fin du blocage permettra de poursuivre un dialogue dont la
possibilité a toujours existé (7)
.
Le dispositif actuellement en place pour l’accès aux bâtiments est
maintenu pour le vendredi 7 décembre.
Il a permis, diversement selon les composantes, que la plupart des
enseignements soient assurés.
La présidence
Puisque la présidence semble ne fair retentir qu'un seul son de cloche, je me dois d'évoquer le point de vue des grévistes.
(1) en ce qui concerne le campus des quais, ce ne fût pas une "tentative de blocage" puisque une deuxième entrée était ouverte pour permettre l'accès aux salles de cours.
(2) on ne peut pas réellement parler "d'affrontements" mais plutôt de deux ou trois individus ayant exprimer de manière ostentatoire leur volonté d'aller en cours (moi aussi je peux jouer sur les mots!)
(3) d'après les dernières informations, sur les 2 étudiants arrêtés, 1 serait de Lyon 3, soit, mais l'autre serait de Lyon 2 ; pouvons-nous compter sur la présidence pour rétablir la vérité et se repantir de ses tentatives de propagande?
(4) j'aimerais qu'on m'explique comment un étudiant peut être accusé de "coups et blessures", à travers une carapace, alors qu'il est impossible de trouver 3cm2 de corps non-protégé, sans qu'une être assailli par une matraque folle.
(5) un étudiant a été blessé, si on considère que seuls des points de suture sont des blessure, or des dizaines d'étudiants ont été blessés, moins gravement, certes, mais tout de même, après avoir, soi-disant "mordus" des CRS.
(6) effectivement, ce sont les bloqueurs qui ont eux-mêmes prévenus la police et demandés de se faire déloger, et avec violence si possible!
(7) je n'évoquerai même pas ce point, parce que je risquerais de m'emporter, et de dire des choses pas très gentilles...
Juste pour ces petites mises au point, mais si il y a d'autres choses à rajouter...

dimanche 9 décembre 2007

En deuil!

En deuil pour cause de mort du service public. Et oui, le service public, l'enseignement en particulier est en train de mourir doucement sans que personne -ou bien peu de monde- ne s'en préoccupe. La fac par exemple...


Résumé des épisodes précédents : dès la rentrée de septemble, certaines facs commencent à manifester leur mécontentement quant à la loi LRU (Liberté et Responsabilité des Universités), dite "Loi-Pécresse" (du nom de notre chère ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur), votée en Août, pendant les vacances scolaires, en toute discrétion, et en accord avec l'UNEF.


Le mouvement a pris de l'ampleur, lentement au départ, puis significativement mi-octobre. Des facs sont peu à peu entrées en résisatnce, et le mot qui fache est apparu : blocage.


A Lyon, le mouvement a réellement débuté il y a 4 semaines, avec des manifs, mais surtout de l'information, des AG, des actions, et le fameux "blocage".


Pendant ces 4 semaines, une cinquantaine de militants (les plus convaincus!) s'organisent pour rallier le plus de monde possible à notre mouvement, et le crédibiliser. En effet, pour beaucoup de personnes, ce mouvement contre la loi-Pécresse relève de quelques agitateurs extrémistes irresponsables qui ne savent même pas de quoi traite ce texte, et dont le seul objectif est de faire péter le plus de cours possibles (ah j'allais oublier, ils sont aussi anti-démocratqiues). Or, il s'avère que les personnes tenant de tels propos avouent de fait leur manque d'information, puisqu'un minimum d'esprit critique, de dialogue et de reflexion nous pousse à constater que ces gens-là sont tout sauf irresponsables. Je ne nie pas le fait que le mouvement soit plus ou moins tiré par des individus marqués par ce qu'on appelle aujourd'hui "l'extrême-gauche". Mais le "travail" de militantisme qu'ils font est remarquable. Qu'on soit d'accord ou non avec cette loi, on ne peut nier que ce sont des gens renseignés, responsables, ouverts (pour la majorité!), convaincus, et surtout qui se battent pour leurs idées.
Ainsi, se sont enchaînés manifs, AG, "blocage" (je met ce terme entre guillemets car c'est sous cette appellation que la majorité de la population connaît le fait d'occuper une fac et en faire un lieu de discussion), tractage, information, rassembements, actions "coup de poing"...
Puis, depuis une semaine, la présidence de Lyon 2 a fait appel à des "agents de sécurité" pour vérifier les cartes d'étudiant à l'entrée de la fac. Et, notre cadeau de Noël a été de voir des CRS venir nous déloger tous les matins, après chaque tentative de "blocage"! Vous me direz "c'est normal qu'un président d'université ne regarde pas impuissament des élèves bloquer l'accès à sa fac, c'est normal que les forces de l'ordre interviennent lorsqu'on ne respecte pas la loi, c'est normal que l'immense majorité des étudiants puissent aller en cours sans en être empêché par quelques dizaines de chahuteurs!" Certes, mais la manière est innacceptable dans une société qui se dit démocratique et républicaine.
Je vais faire une parenthèse sur l'intervention de jeudi matin sur le campus des quais à Lyon. D'une part, ce "blocage" n'était que symbolique puisqu'une autre entrée était ouverte et les étudiants pouvaient accéder au campus. Ensuite, nous n'avons manifesté aucune résistance lorsque les CRS ont chargés, mais cela ne les a pas empêchés de donner des coups de matraques, de de genoux ou de coudes. De plus, lorsque j'ai demandé à un de ces individu profondément réfléchi de me dire pourquoi ils étaient aussi violents et si c'était leur rôle de frapper des étudiants non-violents qui ne réclament que le droit de s'exprimer, celui-ci a eu le culot et l'intelligence de me répondre avec le sourire en prime "mais on vous a pas frappé, on vous a juste bousculé!" Imaginez ma stupeur et mon désemparement alors que je venais de passer 20 minutes à voir voler des matraques, à sentir des coups de genoux bien cachés derrière les boucliers, et que un camarade était déjà à l'hôpital (qui se trouve de l'autre côté de la rue, ironie du sort!) pour 10 points de suture qu'il ne s'était pas fait en jouant à la marelle! Suite à cette intervention musclée, après quelques coups de matraques, la jouissance éprouvée à tenir en joue au flash ball une poignée d'étudiants non armés, et quelques blagues totalement hilarantes de la part des ces hommes (et ces femmes, il y en avait tout de même 3 ou 4!) intellectuellement brillants, 2 camarades se sont fait arrêtés, on se demande bien pourquoi. Les raisons sont simples : ces 2 personnes étaient de Lyon3 (ce qui fournit un bon prétexte à la présidence pour faire valoir dans ses communiqués que les perturbateurs ne sont même pas des étudiants de la fac!), des syndicalistes de surcroît (bonne pioche!) désignés dès le départ comme suspects potentiels, dont la parole ne vaut pas grand chose contre celle d'un robot caché derrière un unifforme.
Ces êtres charmants (après avoir appelé du renfort : n'oublions pas que les grévistes sont des dangereux terroristes prêts à tout pour casser du flic, donc mieux vaut être plus nombreux qu'eux!) se sont ensuite postés devant l'entrée qui était désormais ouvertes pour protéger les bons élèves qui voulaient aller en cours et travailler, invoquant leur "droit d'étudier"! Ainsi, des centaines d'étudiants ont pus accéder aux salles de cours encadrés par un cordons de 48 policiers ayant toujours leur matraque à portée de main, sur laquelle il restait encore un peu de sang.
Fiers de leur intervention, et espérant certainement une petite prime à la fin du mois, ils retournèrent à leurs occupations habituelles, même pendant le service, en se racontant des blagues, se félicitant, se racontant des petites histoires anodines, et en en profitant pour repérer certaines têtes!
Je regrette mon emportement et mon jugement hâtif sur la profession de policier. J'avoue que ce que je viens d'écrire est empreint de subjectivité, mais qui aurait pu être subjectif en parlant d'hommes qui vous ont donnés des coups de matraques sur les endroits stratégiques (qui font mal mais qui ne laissent pas de traces!) et vous regardent ensuite d'un air méprisant en vous faisant des risettes et vous narguant de savoir que leur parole vaudra toujours plus que la votre?